![]() |
|
Institution
L'Ecole de Médecine de Lomé fut créée par
décret n° 70/157 du 14 septembre 1970 pour répondre à
la fois aux exigences de couverture sanitaire du pays et d'adaptation
de la formation au contexte
culturel et socio-économique national, et pour réduire
les coûts de formation et la fuite des cerveaux.
Après 18 ans de fonctionnement, l'Ecole de Médecine a
été érigée en faculté par décret
n° 88-162/PR
du 29 septembre 1988.
Objectifs
La Faculté de Médecine s'est, dès sa création,
assignée la mission de former des médecins imprégnés
des réalités épidémiologiques, socio-économiques
et culturelles du pays, tout en maîtrisant les
dimensions technique, scientifique et opérationnelle des prestations
des soins de santé. Plus
concrètement, le médecin togolais doit être capable
de :
identifier les problèmes de santé
qui affectent les individus, les familles et les collectivités dans
lesquelles il opère ;
planifier, organiser, exécuter et évaluer
les activités qui permettent de prévenir et de traiter les
problèmes de santé qui relèvent
de sa compétence ;
assurer la gestion des ressources humaines,
matérielles et financières mises à sa disposition
;
mener les recherches lui permettant de comprendre
les problèmes qui entravent l'exécution des
activités et la qualité des
résultats acquis ;
adapter ses compétences et sa performance
aux pressions de l'environnement et des techniques.
Recherche
I - Organisation et Ressources
1°) - La commission pédagogique et scientifique de la Faculté
de Médecine s'est vu confier la charge
de promouvoir la recherche au sein de l'institution. Elle comporte
une sous-commission de la recherche
médecine biomédicale, plus spécialement investie
de cette mission.
Il n'existe pas encore de laboratoires suffisamment équipés
pour conduire des activités de recherche
biomédicale. La plupart des travaux effectués relèvent
d'investigations cliniques et épidémiologiques.
Tous les départements conduisent des travaux de recherche appliquée
dans le cadre des thèses de
doctorat en médecine et de projets de recherche spécifiques.
2°) - Les organes privilégiés d'expression des résultats
des travaux de la faculté sont la Société
Médicale et Biologique du Togo et la revue des Sciences Médicales
et Biologiques du Togo. Les
colonnes des revues scientifiques étrangères sont également
sollicitées.
3°) - Il est impossible de dresser ici une liste même partielle
des communications et publications
effectuées depuis 1970. Toutefois, la plupart ont porté
sur les domaines suivants:
clinique :
. morbidité et mortalité hospitalières
. évaluation des méthodes et
techniques de traitement et de prévention des principales causes
de
morbidité et de mortalité
. essais thérapeutiques
biomédical :
. évaluation des méthodes et
techniques de diagnostic des affections dominantes
. étude des constantes biologiques
. étude des hémoglobinopathies
santé publique :
. étude épidémiologique
des principales causes de morbidité et de mortalité nationales
. analyse
des systèmes de prestation de soins
. développement de modèles de
prévention et de prise en charge des problèmes prioritaires
de
santé
. évaluation de programmes verticaux
(PEV, paludisme,...)
4°) - Ces dernières années les principaux efforts de recherche intéressent :
les programmes de survie de l'enfant et de
maternité sans risque
l'amélioration de la santé en
milieu rural - les comportements sociaux vis-à-vis de la santé.
Coopération et Relations avec les Universités
Etrangères
I - Convention et accords
Dès sa création, la Faculté de Médecine
de Lomé a négocié des conventions et accords de
coopération avec d'autres institutions universitaires de formation
en sciences de la santé.
Le réseau mis en place englobe les établissements suivants:
Faculté de Médecine de Cochin
Port-Royal, Paris V
Faculté de Médecine Lariboisière,
Paris VII
Faculté de Médecine de Lille
Faculté de Médecine de Bordeaux
Faculté de Médecine de Rouen
Faculté de Médecine de Cotonou
Les conventions portent sur les échanges d'enseignants et d'étudiants,
l'appui scientifique et
pédagogique aux activités de la faculté.
II - Missions d'enseignement
Elles ont constitué un appui pédagogique précieux
pendant les premières années de fonctionnement de
l'Ecole de Médecine de Lomé. Le nombre a varié
de 17 en 1977 à 33 en 1983 ; en 1984 on en
comptait encore 31, en 1985, 22 et en 1986, 21.
A partir de 1987, en raison de l'accroissement de l'effectif des enseignants
nationaux de rang magistral,
le nombre de mission a été réduit de façon
significative ; il s'élève en 1989-1990 à 10, en incluant
les
besoins des filières de spécialisation inaugurées
l'année dernière.
III - Avec le Ministère de la Santé Publique, des Affaires Sociales et de la Condition Féminine
En raison de la double appartenance de la plupart des formateurs de
la Faculté de Médecine, les
rapports avec le Ministère de la Santé sont constants
et soutenus. Les services hospitaliers sont tous
placés sous la responsabilité d'enseignants de rang A.
Ceux-ci participent aux prestations de soins, à la
spécialisation de soins, à la gestion des unités
qui leur sont confiées et donnent des avis techniques
spécialisés sur les aspects particuliers du développement
sanitaire national qui relèvent de leur
expertise.
IV - Avec l'organisation mondiale de la santé
Les relations s'établissent soit directement, soit par le truchement
du Ministère de la santé, dans le
cadre des activités de développement des personnels de
santé.
Le doyen participe tous les deux ans à la réunion des
doyens et directeurs des facultés, écoles et
centres universitaires des sciences de la santé de la région.
La dernière s'est tenue à Brazzaville du 12
au 15 décembre 1989.
V - Avec l'UNICEF
Cette institution spécialisée des Nations Unies participe
au financement des thèses consacrées au
programme de survie de l'enfant.
VI - Avec l'ordre des médecins
La Faculté de Médecine a joué un très grand
rôle dans la redynamisation de l'ordre. Elle a directement
pris en charge la préparation du Congrès de 1988 en investissant
son personnel et ses locaux dans
cette entreprise. Elle se réjouit d'avoir permis la mise en
place d'un nouveau conseil de l'ordre dont elle
veut se convaincre qu'il offrira à ses jeunes diplômés
un cadre éthique et déontologique propice à
l'exercice de la profession.
Perspactives d'Avenir
Pour remplir pleinement sa mission, la Faculté de Médecine
de Lomé doit se développer dans trois
directions : la formation, la recherche et les prestations de services.
I - La formation
Le processus de révision des programmes de formation et d'adoption
de méthodes plus efficaces
d'apprentissage doit rapidement aboutir pour répondre aux exigences
de la Déclaration d'Edimbourg et
du Plan d'Action d'Abuja auxquels tous les pays et toutes les facultés
de médecine ont souscrit.
1°) - Il s'agira d'orienter les programmes vers la solution des
problèmes et la satisfaction des besoins
sanitaires des populations bénéficiaires. La formation
devra faire une part plus significative à
l'apprentissage plutôt qu'à l'enseignement en se polarisant
résolument sur les besoins et attentes de
l'étudiant.
2°) - Les stratégies éducatives devront privilégier
les situations d'apprentissage qui sollicitent une
participation de plus en plus grande de l'étudiant aux processus
de formation. Pour mieux suivre les
progrès et vérifier les compétences acquises pendant
et après les activités éducatives, les techniques
et
instruments d'évaluation devront fournir des résultats
plus valides et plus fiables qu'à présent.
3°) - La Faculté de Médecine devrait, en collaboration
avec l'Ordre des Médecins et le Ministère de la
Santé, mettre en place un système de formation médicale
continue qui permette de satisfaire les besoins
des praticiens tant publics que privés.
II - La recherche
Il s'agira surtout de l'institutionnaliser en formulant une politique
cohérente et réaliste de recherche, en
mobilisant des sources extrabudgétaires de financement.
Le rôle et les moyens de la sous-commission de la recherche devraient être renforcés.
III - Les prestations de services
Les efforts engagés pour obtenir du Ministère de la Santé
une zone d'opération seront poursuivis. La
mise à la disposition de la faculté d'une telle zone
permettra de :
- offrir aux étudiants un terrain d'application
des compétences acquises
- offrir à la faculté un champ
de recherche
-action dont les résultats pourront
être étendus à d'autres régions du territoire.
La survie de la faculté en tant qu'opérateur du développement sanitaire national en dépend grandement.
********************************
La Faculté de Médecine vient d'atteindre sa majorité.
Elle a mis en place une structure et un ensemble
de dispositions qui lui permettent de progresser et de s'affirmer comme
une institution de qualité.
Pour y parvenir et s'y maintenir, il lui faudra plus de ressources humaines,
matérielles et financières ; il
lui faudra aussi plus de détermination dans ses choix et ses
actions, plus de persévérance dans l'effort.
Ses atouts sont sa jeunesse, la jeunesse de son personnel, la stabilité
de son environnement
d'implantation. Il faut en profiter avant que sclérose et turbulence
n'entravent la dynamique actuelle.